Cargo: Limite

Tome 2

Format papier 

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Format numérique

4,95$

ISBN : 978-2-9819122-3-7 (papier) / 978-2-9819122-5-1 (EpuB)

Textes et illustrations par : Amélie Lebeau

Nombre de pages : 200.

Format : 5 x 8 pouces.

Reliure : Allemande

Année de parution : 2021


Cargo : Limite

Parfois, les circonstances déferlent comme un torrent et nous poussent à faire des choses inattendues…

 

L’ombre d’une menace inconnue plane au-dessus de Vorsh, une planète isolée au milieu d’un désert galactique. Vivant reclus et à l’écart des territoires gouvernés, les colons croyaient avoir enfin trouvé la paix. Mais sans le savoir, ils avaient échangé un tyran pour un autre.

Armée de bonnes intentions, Elena Castel viendra à leur secours sans connaître la vraie nature de leur problème. Cependant, les bonnes intentions ne suffisent pas toujours, il faut parfois s’armer de manière… un peu plus concrète. Elena se verra prise, malgré elle, dans une course contre la montre pour protéger les habitants de la colonie. Acculée au pied du mur, elle fera un choix qui lui semblait jusque-là inconcevable. Cela la poussera à trouver des alliés plus ou moins recommandables, afin de mener à bien sa mission de sauvetage.

Mais même les meilleurs plans ne fonctionnent pas toujours comme prévu…

Extrait

    Le cou complètement tendu, ma tête pendouillait vers l’avant. Je lâchai un long grognement alors qu’une douleur vive traversait mon crâne, comme si quelqu’un y avait planté un énorme clou. Je tentai d’expirer la douleur, sans succès. Je décidai d’ouvrir les yeux. Mauvaise idée. Tout était si clair que j’en fus aveuglée, comme si une lumière sauvage griffait ma rétine. Je refermai les yeux pour les rouvrir graduellement cette fois. J’avais du mal à faire le point.

     Un liquide coulait tout le long du côté gauche de mon visage. Par réflexe, j’essayai de l’essuyer avec ma main, mais mon poignet bloqua. Mes mains étaient liées derrière mon dos. J’étais assise par terre, attachée à une structure. C’est quoi, ce bordel?

     Dans un déclic, je paniquai : je me débattis aussitôt sans trop savoir contre qui ou quoi. Une corde grossière et rugueuse râpait mes poignets comme du papier sablé. Ma peau s’humidifia lentement et je ne pouvais pas déterminer si c’était simplement de la sueur, ou mes liens m’avaient ouverte jusqu’au sang.

    Quand j’arrêtai de m’agiter inutilement, mes yeux se remplirent d’eau. Mes liens étaient trop solides pour que mes efforts donnent des résultats. Impuissante, j’avais l’impression d’être un petit animal prisonnier d’un collet, qui attend que le trappeur vienne terminer le boulot.

     Ça ne servait à rien. Il fallait que je me calme pour comprendre ce qui m’arrivait. Je pris de grandes et longues respirations, jusqu’à ce que je sois capable de défaire le nœud de panique qui s’était formé dans le fil de mes pensées. C’est pas ce que tu penses, Elena, c’est une erreur, il y a une explication logique.

     Après avoir chassé les larmes de mes yeux avec mes paupières, je commençai à observer les alentours. Je semblais être dans une grange en décrépitude, couvert d’un toit à moitié arraché et le soleil brûlant radiait directement sur moi. Des bottes de foin et des instruments agricoles m’entouraient.

     Je ne pouvais pas voir derrière moi, puisque j’étais attachée à une poutre verticale m’empêchant de me retourner. Il ne semblait y avoir personne dans les environs, jusqu’à ce que je perçoive des voix étouffées qui provenaient de l’extérieur. Je me concentrai à distinguer les paroles.

      La première voix, usée, était celle de l’homme qui m’avait accueillie :

      — … n’y avait que du matériel agricole et de terraformation à l’intérieur du vaisseau.

      Il y eut une pause avant qu’une voix profonde de femme, que je reconnus aussi, reprenne, méfiante :

      — Tu crois qu’elle n’est pas avec eux? Elle pourrait se faire passer pour une transporteuse, mais être une éclaireuse…

      — Et si elle pouvait nous aider? dit la voix de l’homme. Ça pourrait être notre chance.

      La femme reprit, découragée :

    — Je ne sais pas ce qu’elle pourrait faire de plus, Abidi. Je vais aller l’interroger. Reste faire le guet et envoie un message à la colonie pour dire que la situation est sous contrôle à Faradel… jusqu’à présent.

    Accompagnée du grincement d’une porte à moitié défoncée, la femme entra dans la grange. Elle était grande, robuste et ses cheveux sombres s’accordaient à son teint foncé. Ses vêtements de travail légers et pâles étaient adaptés au climat. Elle devait habiter Vorsh.

    Paradoxalement, pour une ouvrière, elle était lourdement armée : fusil à l’épaule, pistolet et explosifs à la taille. Son regard devint hostile lorsqu’elle remarqua mon éveil. Je déglutis le peu de salive qui tapissait ma bouche pâteuse sans la quitter des yeux. Ma kidnappeuse vint s’accroupir près de moi, puis, dans un crissement métallique, sortit un couteau avec une énorme lame qu’elle manipula devant moi, complètement muette. Elle faisait ça probablement pour me faire peur. Et ça fonctionnait.

      — Qui êtes-vous?

      — Je m’appelle Elena Castel, je suis transporteuse, répondis-je la voix cassée.

      — Qu’est-ce que vous venez faire ici? Personne ne passe jamais ici sauf les Vergijas, vous travaillez pour eux, c’est ça?

     Elle avait un ton accusateur. En disant ces paroles, elle posa son couteau tout près de ma gorge. La lame froide et coupante se posa contre la mince et délicate peau de mon cou. Je relevai la tête pour m’éloigner d’elle, mais la femme l’approcha de nouveau. J’étais complètement coincée.

     — Je ne suis pas avec ces salauds. J’ai été envoyée par Sven Amaral, un maire de Quezal. Il m’a dit que vous aviez besoin d’aide, je fais affaire avec lui couramment.

     De ses yeux sombres, camouflés sous des boucles de cheveux épais, elle étudia mon visage. Sans dire un mot, elle retira la lame de mon cou, puis se dirigea vers l’extérieur de la grange.

       Elle ordonna à l’homme, probablement cet Abidi, de l’accompagner à leur véhicule. Puis les voix s’évanouirent dans la distance.

      Découragée, j’appuyai ma tête sur la poutre à laquelle j’étais attachée. Est-ce qu’elle savait seulement qui était Sven? Est-ce qu’ils allaient me laisser sécher ici encore longtemps? Si c’était le cas, ça ne prendrait pas beaucoup de temps. Déjà, les rayons brûlaient ma peau et des gouttes de sueur coulaient abondamment entre mes omoplates. Avec le soleil plombant, je cuirais littéralement sur place. Je ne savais même pas combien de temps j’étais demeurée inconsciente, mais si ça se trouve, la cuisson était probablement bien entamée.

       La seule certitude que j’avais dans cette situation, c’est que je devais quitter au plus vite si les Vergijas rôdaient dans le secteur.

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